La Fée Lit

La Fée Lit

"Quand je pense à tous les livres qu'il me reste à lire, j'ai la certitude d'être encore heureux" (Jules Renard)

"Une femme que j'aimais", Armel Job

"La vie, la plupart du temps, est totalement dépourvue de pittoresque. Elle s'éloigne rarement des sentiers battus. Plus on est banal, plus on est juste."

Bande -on ici.

Chaque week-end, Claude, jeune homme au tempérament solitaire et à la vie un peu terne, rend visite à la seule personne qu'il aime rencontrer, sa tante Adrienne, qui habite une belle villa à la campagne. Adrienne a cinquante-cinq ans, elle est veuve, elle ne sort pratiquement jamais de chez elle. Mais sa douceur, sa beauté fascinent Claude, comme tous les hommes qui ont un jour croisé son regard. Un samedi, Adrienne évoque un secret qui depuis toujours pèse sur son coeur. Elle voudrait le confier à Claude, qui refuse de l'entendre. Quelques semaines plus tard, il la trouve gisant sur le carrelage de la villa, morte. Accident ? Meurtre ?… Alors, seulement, Claude se met en quête de la confidence qu'il n'avait pas voulu recevoir. Cette quête va le mener sur les traces du passé d'Adrienne...

Ouvrir le dernier roman d'Armel Job, c'est comme aller à un rendez-vous. On a le coeur qui bat un peu trop vite, les jambes qui tremblotent, le sourire discret au coin des lèvres, et l'espoir, et l'envie. C'est comme aller à un rendez-vous avec des mots, c'est vrai, avec une fiction, nouvelle, différente, dont on ne sait rien et qui peut nous décevoir, un peu, qui sait, c'est le risque, avec les romans.  Mais c'est aussi, et peut-être surtout, aller à un rendez-vous avec un peu de nous, un peu de notre histoire, un peu de notre Belgitude. Peut-être est-ce pour cela que les textes d'Armel Job me touchent tant, parce qu'ils parlent à l'enfant de village que j'étais, et que je suis sans doute encore un peu, celle de la soupe aux pois et de la Piedboeuf brune du week-end, de l'hôtel sur la digue à Knokke et du cabanon dans le fond du jardin. Mais à bien y réfléchir, je crois surtout que ses textes parlent à cette part de nous, tous, celle qui fait de nous un être ordinaire, avec ses rêves et ses bassesses, ni meilleur ni pire qu'un autre, un être ordinaire, qui fait ce qu'il peut, qui aime, même trop, même mal. Voilà ce que nous raconte Armel Job, l'histoire de ces personnages qui pourraient être nous, mais qui ne le sont pas.

Un jeune homme timide, obscur préparateur en pharmacie, planqué dans une arrière boutique, un boucher ventripotent qui écluse bière sur bière, un serveur de cappuccino seul dans une triste chambre dans un triste home, un italien déraciné, une jeune fille de pensionnat, un prêtre-ouvrier, une veuve, encore belle et pourtant... Des pans de notre Histoire, un secret, des secrets, des non-dits, pas de ceux qui font voler une famille en éclats, non, des non-dits qui ternissent juste, qui donnent des regrets, et des envies de Chimay bleue. Et puis de l'amour, des amours, mêmes. Déçues, tardives, à sens unique, possibles, mortes, inavouables, épistolaires, passées, présentes, et futures, qui sait, peut-être... Rien de grandiloquent ou d’extravagant, juste la vie, la leur, et un peu  la nôtre, aussi.

Et parce qu'il est difficile de parler de ce roman sans aborder ce passage-là, je vous laisse avec un gif qui, je l'espère, titillera votre curiosité.

 

 

 

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Karine 17/02/2018 20:21

Tiens... pourquoi pas pour le mois belge!

Jacqueline 17/02/2018 18:38

Un billet qui me ravit pour ce beau roman .....Un Job de grand cru ...
Hahaha pour le dernier gif ....

Fanny 17/02/2018 18:20

Je te rejoins sur ce sentiment que donnent les romans de cet auteur ! Même si j'en ai lu peu de lui je suis toujours admirative. J'espère le croiser à la Foire du livre de Bruxelles.